Dimanche 01 juillet 2018

13e dimanche du temps ordinaire – année B

Père Louis BOSCHUNG, m.s.c.

Un long passage de l’évangile pour nous parler de deux femmes ! Et les récits les concernant s’entremêlent. Il est d’abord question d’une petite fille qui risque de mourir à douze ans, puis Marc nous parle d’une femme malade depuis douze ans. Si Marc les rapproche autant l’un de l’autre, c’est bien qu’il voit un rapport étroit entre les deux démarches qu’il propose à notre méditation.

Il y a bien ces douze ans qui ont marqué d’une façon différente la petite fille et la femme. Mais cela n’est pas le plus important, du moins pour nous aujourd’hui, car pour cette femme qui a souffert douze ans, c’est bien long, et elle avait dépensé tous ses biens pour guérir, et sans résultat, au contraire ; et pour mourir, douze ans, c’est bien court ! Toutes les deux ont vécu tout ce temps sans se connaître, et par Jésus leurs histoires vont se croiser, se rejoindre et pour une vie meilleure !

Le chemin qui leur permet d’avancer est celui de la foi ! D’ailleurs Jésus lui-même nous ouvre une telle perspective, par les différentes paroles qu’il adresse à cette femme, au papa de la petite fille. Il y a une avancée surprenante dans les façons de percevoir Jésus. Nous pouvons en épingler quelques-unes.

Tout d’abord, la plus simple, c’est la foi de cette grande foule qui s’assemble autour de Jésus. Que cherche-t-elle ? Qu’attend-elle de Jésus ? Est-ce pour l’entendre ou pour lui voir faire des miracles ? Il est très difficile de connaitre ce que pense une foule, ce qui motive ses déplacements.

Ensuite, une foi un peu plus précise : celle de cette femme malade ! Elle veut toucher Jésus, car pour elle ce contact suffira à la guérir. Il y a quelque chose de magique dans sa réflexion. Elle va comme voler sa guérison ! Et Jésus va lui faire faire un grand pas. En lui demandant de sortir de l’anonymat, Jésus lui propose une véritable profession de foi. Et alors Jésus peut confirmer la guérison qui a été provoquée par la foi encore imparfaite de cette femme, mais pas sans l’accord de Jésus. On passe à une relation personnelle avec Jésus. La foi est vraiment une rencontre avec quelqu’un, et non pas quelque chose qui se passe seulement en nous et qui nous ferait chaud au cœur, ou quelque moyen d’être guéri, mais dans cette relation avec une personne, nous sommes sauvés. Que l’on soit guéri ou non !

Et du coup, nous comprenons mieux ce qui se passe dans la tête et le cœur de Jaïre et des gens de sa maison. Pendant que Jésus était retardé par cette femme, voilà que la petite fille est morte. Tout est fini, pourquoi déranger encore davantage celui qui peut guérir ? Et Jésus dit à ce papa : Crois seulement ! Car Jésus peut aller plus loin, il peut faire plus que guérir, lorsqu’on a foi en lui, lorsqu’on lui fait confiance.

Jésus veut agir comme en secret : ça, c’est du saint Marc ! Alors, comme pour minimiser l’importance de l’événement, il ne prend que trois apôtres, toujours les mêmes, et en plus il affirme : l’enfant n’est pas morte, elle dort ! Et c’est alors que se passe un événement important, pas seulement pour la petite fille et sa famille, mais pour nous tous. Petite fille, je te le dis, lève-toi ! Pas seulement réveille-toi, mais lève-toi. Et alors, elle se met debout et elle marchait. La façon dont Marc nous raconte cet événement nous fait penser à la résurrection de Jésus. Oui, Jésus s’est levé d’entre les morts. Donc la foi de Jaïre a permis à Jésus d’aller jusqu’à la résurrection de la petite fille. Ne crains pas, crois seulement ! lui avait dit Jésus. Et sa fille s’est réveillé du sommeil de la mort. En un sens, elle dormait ! Et aujourd’hui encore, il arrive de dire, à la suite des premiers chrétiens, que quelqu’un s’est endormi dans le Seigneur, pour dire qu’il est mort.

Par ce geste, Jésus montre qu’il veut nous donner la vie, qu’il est comme son Père source de vie et que son amour pour les hommes n’est pas arrêté par la mort.

Et l’évangile d’aujourd’hui se termine par une petite phrase qui risque de passer inaperçue : Puis il leur dit de la faire manger, non pas parce que les parents n’y auraient pas pensé, d’ailleurs leur enfant était en âge de dire clairement qu’elle avait faim, mais déjà nous pouvons y voir une allusion au repas eucharistique.

Nous qui par le baptême avons été plongé dans la mort avec le Christ pour avoir part dès maintenant à sa résurrection, nous partageons le repas du Seigneur : c’est le Seigneur qui nous fait manger, qui fait grandir en nous la vie reçue au baptême.

La résurrection de cette petite fille est bien sûr l’annonce de la résurrection du Christ, même si elles ne se ressemblent pas, et aussi l’annonce de notre résurrection par le baptême déjà et l’annonce de notre vie de baptisés. L’eucharistie y tient une grande place.

Alors, en revoyant les différents moments, les différents aspects de la foi, nous comprenons mieux l’importance de l’eucharistie, de la messe dans notre vie de croyants, de croyants dans le Christ. Amen !

 

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