Dimanche 17 mars 2019

Deuxième dimanche de Carême Année C

Père Louis Boschung, msc

Aujourd’hui, nous vivons des moments importants dans l’histoire du Salut, avec des éléments semblables : la nuit, le sommeil, la lumière. Premier moment : l’alliance où Dieu s’engage seul envers Abraham, et l’autre moment où Jésus laisse entrevoir la gloire de Dieu : Celui-ci est mon Fils ! Et les hommes, témoins de l’action de Dieu (Abraham, les trois apôtres) sont victimes du sommeil. Et pourtant Dieu agit, il va jusqu’au bout sans être freiné par notre lourdeur.

Des hommes sont témoins de la proximité de Dieu dans notre monde. Tout se passe pendant que Jésus priait. C’est comme un refrain chez Luc, la prière de Jésus. L’Alliance conclue avec Abraham se poursuit au cours des siècles jusqu’à Jésus : Nouvelle Alliance mais en continuité avec l’Ancienne, Moise (la Loi), Elie (les prophètes). Ensemble ils parlent de l’Exode de Jésus, de son départ. Elie aussi est parti, il avait été enlevé au ciel. On attendait son retour. Une façon de montrer la fidélité de Dieu à ses engagements. Une continuité dans ces trois personnages qui parlent comme de vieilles connaissances, une intimité, un bonheur que Pierre exprime d’une façon bien maladroite : dresser trois tentes pour rester dans une telle ambiance, mais on ne reste pas sur la montagne.

Pierre et ses compagnons vont entrer dans la nuée, signe de la présence de Dieu, de sa proximité. Dieu parle, non plus à Jésus comme au baptême, mais à eux, à nous : Ecoutez-le ! Mais tout cela ne dure pas. Et pourtant c’est un temps fort dans l’expérience des trois apôtres. Ils se retrouveront tous les trois avec Jésus au jardin des oliviers. Il y a un rapport entre ce qui se passe sur la montagne et dans le jardin. Deux moments différents d’une même réalité : l’histoire du Salut. Lumière et nuit, gloire et souffrance. Et les apôtres restent sans voix. Que dire après tout cela ? La vie de chaque jour reprendra ses droits, mais plus tard, ils y repenseront !

Pour nous aussi, après la joie de la rencontre fraternelle autour du Christ, nous redescendons de la montagne, nous retrouvons le quotidien de nos vies. Et voilà que Paul nous indique qu’au travers ce quotidien nous sommes en route vers la gloire de Dieu, car nous sommes citoyens des cieux, et nos pauvres corps deviendront semblables au corps glorieux du Christ, et Paul d’ajouter : Tenez bon dans le Seigneur !

Telle est bien notre situation : Nous sommes en marche vers la gloire de Dieu, mais le chemin est long et parfois pénible, comme pour gravir une montagne, mais quelle joie lors de la rencontre. Et nous n’avons pas à attendre la mort. Chacun, à un moment ou à un autre, nous connaissons aussi notre propre transfiguration, nous faisons l’expérience de la proximité de Dieu. Seulement, cela ne dure pas et peut-être oublions-nous trop facilement ces courts instants de joie intense d’aimer Dieu.

Alors, durant ce temps de carême, en parcourant au fil des dimanches, les différentes étapes de l’histoire du Salut, qui se déroule à travers les siècles, pourquoi ne pas nous souvenir de tout ce que Dieu nous a déjà fait connaître ? Il n’est peut-être pas nécessaire de nous endormir pour forcer Dieu à agir. Même si nous avons notre place, notre rôle dans l’histoire du salut, nous ne sommes quand même pas les apôtres ou Abraham. Dieu se manifeste à nous par d’autres moyens moins spectaculaires, et il n’est pas nécessaire qu’à chaque génération il recommence à zéro.

Notre rôle, c’est de vivre aujourd’hui l’histoire du salut, de l’accueillir dans nos vies. Nous savons ce que Dieu a déjà fait dans le passé. Nous savons qu’il est fidèle, qu’il tient ses engagements. Par notre baptême, nous sommes entrés dans cette histoire, nous avons pris des engagements envers Dieu : à notre tour, et comme Dieu, tenons-les ! Oui, Tenez bon dans le Seigneur.