Dimanche 02 juin 2019

SEPTIEME DIMANCHE DE PÂQUES C

Père Louis Boschung msc

Aujourd’hui, nous sommes comme à un carrefour où se rejoignent plusieurs démarches, et toutes ces démarches relèvent de la foi. Il y a quelques jours, c’était la fête de l’Ascension, et dans quelques jours, ce sera la fête de la Pentecôte. Avec toute l’Eglise nous vivons cet entre-deux, qui est quelque peu inquiétant, entre le départ de Jésus et la venue de l’Esprit Saint. Pourtant, c’est de notre intérêt que le Christ s’en aille, car ainsi nous pouvons recevoir son Esprit.

Ensuite, nous recevons la Parole de Dieu de la liturgie du septième dimanche de Pâques, car c’est toujours la fête de Pâques que nous célébrons ; elle est si importante pour notre foi que nous la faisons durer cinquante jours, et c’est pour cela que le cierge pascal a toujours sa place parmi nous. Et par les textes que nous venons d’entendre, Dieu nous parle, il a quelque chose à nous dire.

Enfin, et c’est la dernière dimension de ce carrefour : aujourd’hui, des enfants de la paroisse font leur première communion. Et parce que nous tous ici rassemblés nous vivons de la foi, il est bon que nous entendions ce que Dieu veut nous faire comprendre, car lui seul sait ce qui est bon pour nous.

Comme il serait trop long de découvrir tout ce que les textes peuvent nous dire aujourd’hui, et que finalement nous avons toute la vie devant nous pour mieux connaître et aimer Dieu, qu’il nous suffise de souligner quelques aspect qui vont nous permettre de faire un pas de plus sur le chemin de la foi.

Il y a la prière de Jésus pour ses disciples. Il y a l’annonce du retour du Seigneur de Seigneur et aussi le témoignage d’Etienne, le premier martyr, qui jusque dans son comportement ressemble étrangement au Seigneur Jésus lui-même, un peu pour nous dire que le chrétien, c’est-à-dire le disciple du Christ écoute son enseignement et vit selon l’exemple que le Christ a donné en vivant au milieu des hommes. Et la mort d’Etienne nous montre que nous aussi nous pouvons aimer le Christ jusqu’à en mourir même si nous savons que nous n’aurons pas à verser notre sang.

La prière du Christ que nous transmet saint Jean dans son évangile nous est très précieuse, car Jésus, avant de mourir, prie son Père pour nous aussi, puisque nous avons accueilli la parole de ceux qui étaient avec lui et que nous croyons en lui, Et que demande Jésus pour nous ? Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé ! Il y a là tout le programme de notre vie de croyants.

Alors, essayons de mieux comprendre l’enjeu qui nous est proposé, à nous baptisés, à nous croyants. Nous savons que Jésus aime tellement son Père que tous les deux ne font qu’un. D’ailleurs, un jour, un apôtre qui voulait mieux comprendre a demandé à Jésus : Montre-nous le Père et cela nous suffit, et Jésus lui a répondu : Philippe, il y a si longtemps que je vis avec vous et tu ne me connais pas. Qui me voit, voit le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ?

Il y a si longtemps que nous croyons, et que savons-nous du Père, du Fils ? Et comment vivons-nous avec eux ? Car, par la foi, par le baptême, nous recevons la vie-même de Dieu, et Dieu attend de nous que nous transmettions sa vie aux hommes qui ne le connaissent pas encore. Pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et ce n’est pas d’abord par des discours que nous ferons que le monde croie, mais bien parce que nous serons unis, comme Jésus est uni à son Père. Nous le sentons, nous le pressentons, tout cela n’est possible que par l’amour. Il n’y a pas si longtemps que nous avons entendu : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Et aujourd’hui, nous entendons : Pour qu’ils soient un comme nous sommes un. Ce n’est pas simplement une comparaison, mais bien une raison ou une cause. C’est parce que le Père et le Fils sont un que nous aussi nous devons être un.

C’est par l’amour, par la foi que nous devenons un, un seul peuple, rassemblé par le Christ, pour la gloire de Dieu. Et c’est cela un des sens que nous donnons à notre vie. En aimant Dieu, en aimant nos frères, selon l’exemple que le Christ nous donne, non seulement nous découvrons que le bonheur est possible, mais en plus nous trouvons de nouvelles raisons de vivre, comme si nous gravissions un sommet et que nous comprenions pourquoi le sentier suivi nous paraissait si tortueux. Et la récompense du panorama, qui ne cesse de s’élargir, nous fait oublier notre fatigue.

Alors, aujourd’hui, et nous le savons, nous ne sommes pas encore au but. Alors pourquoi attendre déjà le salaire dont nous parle la deuxième lecture ? Nous poursuivons le chemin, nous transmettons le relais aux jeunes générations et c’est en vivant unis que le monde croira que le Christ est venu pour nous sauver. Surtout pas de belles paroles, mais une vie de fidélité à la parole donnée. Tout le reste est littérature et inutile. Poursuivons la prière du Christ pour nous et pour tous ceux qui accueilleront notre parole et qui croiront au Christ.

Ainsi nous rejoindrons dans la gloire tous les témoins du Christ, depuis les apôtres, en passant par Etienne et tous ceux qui déjà nous ont précédés et de qui nous avons reçu le témoin qui nous permet de prendre le relais. Amen.