| 1. « La messe chrismale, c’est simplement l’affaire des prêtres » :
Il est vrai que le ministère presbytéral tient une grande place dans la célébration, ne serait-ce que parce que, depuis le Concile, les prêtres sont invités à renouveler ce jour-là les promesses de leur ordination. Cela explique aussi qu’ils soient présents en grand nombre, même si la taille très étendue de notre diocèse ne facilite pas les déplacements.
Cependant, c’est d’abord le ministère de l’évêque qui est central dans cette célébration, qui exprime, de la manière la plus forte de toute l’année liturgique, la réalité du diocèse comme Eglise locale. Alors que les communautés paroissiales ne peuvent disposer de tous les moyens sacramentels du salut si elles se replient sur elles-mêmes, le diocèse est cette portion du Peuple de Dieu qui est en possession de la plénitude de ces moyens sacramentels : l’évêque seul ordonne prêtres et diacres ; l’évêque exerce seul le ministère originel de la confirmation ; les prêtres qui confirment de manière ordinaire ne peuvent le faire qu’en lien avec l’évêque et par délégation de lui.

Le sacrement de l’Ordre est également concerné dans sa dimension diaconale. Le lien entre la messe chrismale et le Jeudi Saint invite à contempler la figure du Christ à la fois Maître et Serviteur. Or, dans l’Eglise, les diacres ont spécialement la charge de signifier le Service du Christ. C’est ainsi qu’il faut voir leur participation aux rites de la bénédiction des huiles : non pas une simple action pratique, mais une véritable mise en œuvre symbolique de la dimension de service du diaconat.
Pour honorer le ministère diaconal, qui n’était pas encore concrètement restauré au moment où le nouveau rituel de la messe chrismale a été composé, notre évêque a souhaité il y a deux ans que les diacres soient eux aussi invités à renouveler les promesses de leur ordination.
Enfin, tout le Peuple de Dieu est invité à cette célébration dans laquelle s’exprime l’unité ecclésiale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans le diocèse, on alterne entre un jour de semaine, plus propice aux prêtres, et un dimanche, qui permet la participation des fidèles.
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| 2. « La Messe chrismale, c’est simplement la bénédiction des huiles »
Il est vrai que la bénédiction des huiles est le rite le plus spectaculaire de cette messe, avec le transport en procession des lourdes jarres et le mélange opéré par l’évêque d’un baume de lavande dans l’huile pour « confectionner » ce qui deviendra le Saint-Chrême par la bénédiction de l’évêque.
La bénédiction des huiles doit cependant être mise en lien étroit avec la ministérialité de l’Eglise. Ce qui fait le sacrement, ce n’est pas le contact magique avec une substance bénie, mais la prière dite par le ministre, qu’accompagne l’onction d’huile.
Il en va ainsi pour le sacrement des malades, pratiqué avec une huile bénie à cette intention, pour l’onction donnée aux catéchumènes afin qu’ils soient fortifiés dans leur avancée vers le baptême, pour l’onction pratiquée par l’évêque, le prêtre ou le diacre juste après le baptême, pour celle de la confirmation et de l’ordination.

Il est vrai qu’on pourrait en urgence, dans le cas du sacrement des malades, utiliser une autre huile que celle bénie par l’évêque. Le signe est cependant très fort d’une huile unique, bénie par l’évêque, qui sera utilisée tout au long de l’année dans toutes les paroisses du diocèse. Il est donc impératif de ne pas séparer les deux niveaux de la célébration que sont les engagements renouvelés du ministère et le renouvellement des huiles. Mgr Doré avait il y a deux ans utilisé cette image très suggestive : « Les forces des ministres s’épuisent…, les réserves d’huile s’épuisent…, la messe chrismale permet de rénover les unes et les autres ! ».
La distribution des huiles qui suit la célébration est donc elle aussi un geste plus symbolique que pratique. Cette année, alors que le sacrement de confirmation sera spécialement mis en valeur au cours de la célébration, on a proposé que les prêtres qui célèbrent ordinairement la confirmation – et qui se trouvent être, naturellement, les principaux collaborateurs de l’évêque – reçoivent le Saint-Chrême des mains mêmes de Mgr Doré, à la fin de la célébration. Ainsi sera mieux signifié le lien profond entre leur ministère et celui de l’évêque.
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| 3. « Pourquoi joindre le renouvellement des promesses et la bénédiction des huiles à une Eucharistie ? »
La messe chrismale est d’abord une messe : la concélébration de cette messe par tous les évêques et les prêtres présents, autour de l’archevêque, avec la présence des diacres et la participation des représentants du Peuple de Dieu signifie de manière éminente l’unité de l’Eglise. Il faut rappeler que cette messe est la principale occasion signalée par le Concile au moment du rétablissement de la concélébration.

La messe chrismale est célébrée dans la cathédrale, lieu symbolique par excellence du ministère de l’évêque et de l’unité de l’Eglise diocésaine.
Enfin, la localisation de la messe durant la Semaine Sainte s’explique par le lien étroit entretenu par le ministère apostolique avec le Jeudi Saint. Evêques, prêtres et diacres trouvent dans la célébration du Jeudi-Saint la source même de leur ministère.
photos : Romain Bornert
paroisse de la Cathédrale
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