Dimanche 18 février 2018

1er dimanche de Carême – année B

dom Paul-Irénée FRANSEN

Jésus est tenté par le Diable. Ce  mot de tentation revient souvent dans l’Ancien come  dans le Nouveau Testament, il a été prononcé souvent  à l’occasion de la modification récente du texte du Notre Père.


Mais que signifie vraiment ce mot : tentation ? Comment expliquer pourquoi si fréquemment dabs l’Ancienne Alliance, il est écrit : Dieu tente son Peuple ? Pour la plupart d’entre nous le mot tentation prend un sens moral : céder à la tentation, c’est pécher. Or ici ce ne peut être le cas, le Seigneur ne peut conduire son peuple à pécher. Pour mieux comprendre ce mot « tenter » il faut peut-être en changer une lettre et dire « tester » au lieu de « tenter ». Il est alors facile de comprendre qu’à chaque instant de son histoire le Seigneur teste les forces du peuple qu’il s’est choisi ; les épisodes qui marquent  l’Histoire Sainte sont autant de moments où le Peuple d’Israël est mis devant des choix , des tests, qui mettent en valeur sa fidélité, sa résistance, sa constance. Et d’ailleurs notre vie à nous n’est-elle pas faite de choix, de décisions, d’épreuves, de marches en avant ? Un athlète ne dira-t-il pas : l’ai tenté un 100 mètres ? Alors la tentation, l’épreuve vient  mettre en avant notre bonne volonté, notre souci de Dieu, qui s’exprime alors, jour après jour, dans notre quotidien, dans ce dépassement constant qui nous est demandé : au cours de chaque eucharistie nous prions : « Fortifie-nous devant les épreuves ». Tentation, non. Test, épreuve, oui. Et c’est tout à notre bénéfice.


Le texte de l’Evangile nous dit aussi que, dans le désert, Jésus était avec les bêtes. L’évangéliste Marc veut sans doute rappeler discrètement le Psaume qui, dans les évangiles de Matthieu et de Luc, est employé par Jésus pour réfuter Satan. Ce Psaume dit : « Sur le scorpion et le serpent tu marcheras, tu fouleras le lionceau et le dragon. » Voilà pour les bêtes !
Ce psaume est un psaume de confiance qui sous tend d’ailleurs la prière liturgique de ce premier dimanche de Carême : « Qui demeure à l’abri du Très Haut  et loge à l’ombre du puissant, dit au Seigneur ‘Mon rempart, mon refuge, mon Dieu en qui je me fie’» .


« Mon Dieu en qui je me fie ! » Que d’épisodes du Nouveau Testament nous donnent l’exemple de cette confiance. « Nous avons passé la nuit sans rien prendre ; sur Ta Parole, je jetterai le filet ! » dis Pierre à Jésus. Le centurion de Capharnaum fait confiance à la Parole de Jésus qui lui promet la guérison de son fils. Les bergers de Bethléem s’en viennent vers la crèche, accordant foi à la parole des anges : « Allons jusqu’à Bethléem voir cette merveille qui nous a été annoncée. » Et Marie, dans le secret de Nazareth : « Qu’il me soit fait selon cette parole. »
Que de fois, dans nos vies, avons-nous accueilli la Parole de Dieu ! Et  encore aujourd’hui !
« Mon Dieu en qui je me fie » c’est la prière de Jésus. Qu’elle soit nôtre, au cours de ce carême comme à tout moment de notre vie.


Texte de référence : Marc 1,12-15

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