Dimanche 04 février 2018

5e dimanche ordinaire – année B

Père Christophe SPERISSEN

Dans 10 jours maintenant, nous entrerons dans le temps du carême – déjà ! – un temps d’ultime préparation pour les catéchumènes, ces adultes qui vont être baptisés à Pâques. En 2017 ils ont été plusieurs milliers en France à franchir cette étape, à vouloir devenir chrétiens, disciples de Jésus. Cela ne peut que nous émerveiller et nous conduire à une grande action de grâce : merci Seigneur pour ces hommes et ces femmes qui veulent suivre Jésus, après un temps de cheminement !
Tiens, si tout à l’heure, en quittant cette magnifique Cathédrale, quelqu’un vous demandait : « Je vois que vous sortez de la messe … Pourriez-vous me dire qui est Jésus ? Et, c’est quoi au juste, un chrétien ? », que répondriez-vous ? Que diriez-vous, d’une parole personnelle, intime, de l’ordre du témoignage ?
Si je nous pose cette double question – qui est Jésus, qu’est-ce qu’un chrétien ? – c’est parce qu’il me semble que la Parole de Dieu de cette Eucharistie comprend tous les éléments pour nous permettre de répondre ! Avons-nous en effet été saisis par la profondeur de ces textes qui sont à la fois révélateurs de l’identité de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, proche de Dieu, proche de l’homme et des conséquences pour les disciples baptisés de chaque génération et nous pour nous aujourd’hui ?
A l’aide donc de ces « paroles de Dieu », je vous propose de regarder trois éléments qui pourraient nous aider à approfondir la réponse à la question « qui est Jésus ? » et « qu’est-ce qu’un chrétien ? ».

La tendresse tout d’abord
L’évangile que nous avons entendu, nous présente le quotidien de Jésus : il va à la synagogue, un jour de Sabbat, il va dans la maison de Simon et d’André, il guéri la belle mère de Simon, il guéri des malades, il prie, il poursuit son chemin pour annoncer la Bonne Nouvelle. Toute la journée de Jésus est « actes de tendresse » vis-à-vis des malades qu’on lui présente, qui viennent à lui. Regardons encore un instant la délicatesse avec laquelle il prend la main de la belle mère de Simon alitée. Il prend sa main et la relève. Toute l’action de Jésus, au nom de son Père et pour son Père, est de relever, de remettre debout. La journée de Jésus manifeste la tendresse de Dieu. Le chrétien, le baptisé est celui qui se laisse entrainer dans cette miséricorde en confessant qu’il a besoin d’être guéri, d’être sauvé. N’allons-nous pas dire dans quelques instants : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une Parole, et je serai guéri ! ». On imagine sans difficulté Jésus s’approcher de ceux qui comme Job, dans la première lecture posent cette affirmation lourde de souffrance : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée … Le soir n’en finit pas ». Ceux d’entre vous présents dans cette cathédrale qui se reconnaissent où se retrouvent dans cette parole de Job, peuvent se tourner vers Jésus en cette Eucharistie pour lui déposer ces fardeaux, ces lourdeurs, ces souffrances, pour se laisser prendre par sa main. Et il appartient aux chrétiens, aux baptisés, à la suite du Christ, dans le Christ, par et pour le Christ, d’être des êtres de tendresse et de miséricorde comme nous y invite si régulièrement le pape François. Tendresse, Voilà qui est Jésus … voilà ce qu’est un chrétien …

Le service ensuite
Jésus accueille les malades. Il est au service des foules. Parce qu’il est le Sauveur. Mais pas un guérisseur. Voilà pourquoi il ne se laisse pas attendrir ou angoisser par la parole de Simon : « Seigneur, tout le monde te cherche ». Il y a ceux qui cherchent un guérisseur, il y a ceux qui cherchent le Sauveur. Il est au service du projet du Père qui consiste à ce que la mort n’ait plus le dernier mot. Il veut, Jésus « que tous aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ! ». Son service le fait avancer, toujours plus loin. Le chrétien, le baptisé, est celui qui accepte d’être un serviteur. Il est celui qui a compris que les dons, les talents, les charismes qu’il a reçus sont des lieux de service. Dieu a besoin de tes mains, de ta voix, de ton intelligence, de tes pieds … C’est ce qui a mis en route saint Paul dont nous avons accueilli les mots de feu et le zèle dans la seconde lecture : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! ». Chacun, selon sa vocation, a se service à rendre, lié à son baptême, sans chercher de mérite, mais à cause de l’Evangile. « Une communauté chrétienne est un lieu où l’on prend soin les uns des autres », écrivait le pape François. Sommes-nous des soignants au nom de notre baptême ?  Service … voilà qui est Jésus … voilà ce qu’est un chrétien …

La prière enfin
L’évangéliste nous dit que Jésus priait. C’est là qu’il a trouvé la force de la tendresse et du service : dans l’intimité avec son Père, celui d’où il est sorti. Sans doute que Jésus a plongé dans sa prière tous les malades qu’on lui a apporté, dans la communion du Père. Le chrétien, le baptisé, ne peut pas se passer de cette intimité de la prière, de l’union avec la très sainte Trinité. Prenons-nous le temps de confier à Jésus tous les malades que nous connaissons pour qu’il puisse continuer son œuvre en chacun aujourd’hui, que chacun puisse entendre cette parole de tendresse « aujourd’hui le salut est entré dans ta maison ! » ? En devenant proche de Jésus, nous devenons proche des autres ! Voilà un critère de bonne santé chrétienne ! Sommes-nous prêts à inviter Jésus dans notre maison comme l’ont fait Simon et André pour ensuite aller vers les autres ? Prière … voilà ce qu’est Jésus … voilà ce qu’est un chrétien.

Alors, si à la sortie de cette messe si on me demandait : « C’est qui Jésus, c’est quoi un chrétien ? », je citerai volontiers pour commencer cette phrase du bienheureux Antoine Chevrier fondateur des prêtres du Prado : « Que c’est beau Jésus-Christ ! ». Et je rajouterai : « Que c’est beau un chrétien ! » en me disant que j’ai tout à vivre …
Et vous ? Que répondriez-vous ?

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