La rénovation de la chapelle Saint-Jean de la cathédrale
par Bernard Xibaut,
chancelier de l’archevêché
article paru dans l’Almanach Sainte Odile 2008
avec l'aimable autorisation d'Alsace Media
Le 16 décembre 1985, une grande fête a été célébrée sur le parvis de la cathédrale, en présence de Monsieur Jack Lang, alors ministre de la Culture, et d’une grande foule de Strasbourgeois. Il s’agissait de fêter dignement le démontage des grands échafaudages qui masquaient depuis bien trois décennies la façade de la cathédrale aux yeux des habitants de la vi1le et des visiteurs. Cependant, cette fête a pu donner la fausse impression que les travaux de restauration sur la cathédrale étaient définitivement achevés.
C‘est la raison pour laquelle Mgr Brand croit bon d’adresser une lettre à Monsieur François Léotard, successeur de Jack Lang, à la veille de Noël 1987 : malgré « la fête spectaculairement réalisée lors du passage de Monsieur Jack Lang », les travaux de la restauration de la cathédrale « sont loin d’être achevés ». Dans ce même courrier, l’archevêque-évêque évoque la prochaine venue du pape à Strasbourg et sollicite à cette occasion la restauration des sacristies, dont il juge l’état « assez lamentable ». Il rappelle aussi l’effort financier important consenti par la fabrique. Entre 1978 et 1985 ont été restaurées à ses frais les nefs collatérales, les chapelles Saint-Laurent et Sainte Catherine, ainsi que la crypte. En outre, d’autres travaux sont prévus, dont la rénovation de la chapelle Saint-Jean.
Quel est donc cet édifice ? C’est une chapelle dont l’entrée donne sur le transept nord. Elle est depuis une vingtaine d’années le lieu où sont célébrées les messes quotidiennes du matin et du soir à la cathédrale, y compris l’office capitulaire, depuis qu’il a été décidé par les chanoines d’abandonner le chœur, en raison du froid de l’hiver et du brouhaha de l’été. Il est donc important que cette chapelle se présente dans un état convenable. La décision de la restaurer a pour cela été prise lors de la séance du Conseil de fabrique du 13 octobre 1987.
Quels sont les travaux envisagés?
C’est d’abord le nettoyage complet des crépis des voûtes, mais aussi des murs, piliers et autres clefs de voûte en grès, à l’aide d’un procédé qui respecte la cristallisation naturelle de la pierre ; la peinture des voûtes et la reprise des polychromies des clefs de voûte ; l’installation électrique, intégrant la pose d’un lustre néo-gothique commandé à un ferronnier d’art.
Une fois les grands travaux réalisés se pose la question de l’aménagement liturgique. Le chanoine Ringue, qui mène l’opération, a repéré un autel et un ambon assortis en cuivre repoussé, appartenant à la fabrique de Sarre-Union, qui n’en a plus usage. La scène gravée sur l’autel est celle des disciples d’Emmaüs. Légèrement transformés, ces deux meubles liturgiques à facture contemporaine s’intégreront parfaitement dans la chapelle de pur style gothique ! Une croix sera confectionnée par l’ébéniste Erny, de Colmar et s’inscrira dans la niche qui surplombe l’autel. C’est cette croix qui depuis quelques années, est utilisée pour l’office du Vendredi saint. Le tabernacle sera cylindrique, en finition de « canon de fusil », surmonté d’une belle boule vernie or et recouvert d’un conopée en tissu précieux. Pour 1ui permettre de tenir sur le rebord en grès un peu étroit, l’Œuvre Notre-Dame confectionnera gracieusement une petite console en grès, identique à celle qui servira de crédence. Il s’agit de copies modernes des culots de la paroi ouest de la chapelle. Enfin, un rideau en velours coton de teinte beige recouvrira la porte un peu disgracieuse qui communique avec le cloître et, de là, avec le Grand Séminaire.
Le remplacement des chaises sur lesquelles prennent place les chanoines était également prévu, mais il n’a pas été réalisé à ce jour. Si l’on additionne l’ensemble des factures, on aboutit à un total d’un peu plus de 45.000 euros aujourd’hui. Cette somme peut paraitre élevée, mais elle a permis une totale rénovation de cette belle chapelle de notre cathédrale, qui fait cohabiter de manière heureuse « le vieux et le neuf ».



