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Les vitraux de la cathédrale

par Frédérique Wild, journaliste à l’Alsace
Remerciement à Simone Schultz, historienne d’art
in Almanach Sainte Odile
avec l’aimable autorisation d’Alsace Media

Les vitraux de la Cathédrale de Strasbourg, tout comme ceux de la Cathédrale de Chartres, ont pour la plupart traversé les siècles sans dommages. Regardons. Contemplons.

Une situation privilégiée

Ces verrières ont été réalisées en série par des corporations, de l’époque gothique jusqu’à la fin du Moyen Age, au fur et à mesure de la construction de la Cathédrale. Elles obéissent à un programme d’ensemble donné par les clercs. Une situation privilégiée là encore, puisque, dans la plupart des édifices, les vitraux ayant été offerts un à un par des personnalités influentes, sont généralement disparates.

Les deux vitraux de style byzantin

Les plus anciens vitraux romans sont situés de part et d’autre du chœur de la Cathédrale. Les deux vitraux du transept gauche Nord sont de style byzantin. L’un d’eux figure les deux saints Jean. On constate que ces personnages sont plats et sans expression. Au-dessus des saints, la Vierge est représentée en prière, il s’agit là d’un thème très rare.

L’aspect du second vitrail, qui représente, entre autres, le Jugement de Salomon, est très orfévré. Comme tous les vitraux réalisés à la même époque, i1 a été inspiré des miniatures figurées dans les manuscrits, de même que de l’orfèvrerie.

Roses et vitraux de la nef

De l’autre côte du chœur, deux roses évoquent d’une part les sacrifices de l’Ancien Testament, d’autre part les vertus conduisant au paradis, thèmes empruntés à l’Hortus Deliciarum des moniales du Mont-saint Odile.

De part et d’autre de la partie supérieure de la nef, deux séries de vitraux se font face. Du côté droit, ils figurent les saintes, du côté gauche, les saints. Dans les galeries des bas-cotés sont représentés à gauche les empereurs du Saint Empire germanique, tandis qu’à droite étaient représentés les prophètes. Détruits en 1298 par l’incendie qui a ravagé le bas-côté nord, ils ont en effet été remplacés par des scènes de la vie du Christ au XIVème siècle.

Evolution

Au fil des siècles, on observe que les personnages prennent vie et que les décors sont moins chargés. De l’enluminure des origines, on passe au tableau. A la fin du Moyen-Âge, l’utilisation de verre blanc laisser passer davantage la lumière, tout comme le verre jaune. Deux couleurs qui étaient d’ailleurs caractéristiques de l’Est de la France, le rouge et le bleu étant prédominants à la même époque dans le reste du pays. Au XIVème siècle enfin, on remarque l’apparition de verdure et d’embryon de paysage, les maîtres verriers étaient alors très influencés par la peinture italienne.

Vitraux d’aujourd’hui

Un seul vitrail de la Cathédrale est contemporain, il s’agit du vitrail situé au fond du chœur. Réalisé par Max Ingrand, il a été offert par le Conseil de l’Europe en 1956.

Quant à la rosace, bien que fidèle à ses couleurs d’origine, elle a été entièrement restaurée et ne comporte quasiment plus de verres anciens.

 

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