Vendredi 01 novembre 2019

Messe de la Toussaint 2019

Père Louis Boschung msc

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse ! C’est de cette manière que le Seigneur lui-même nous invite à vivre la fête qui nous rassemble aujourd’hui ! C’est vraiment un jour de joie, puisque nous sommes par la foi en communion avec tous ceux qui nous ont précédés et qui vivent maintenant déjà dans la gloire de Dieu. Oui, par la foi, nous devenons les contemporains de tous ceux qui, au cours des siècles, ont répondu à l’amour du Seigneur et ont accepté d’être les témoins de l’Evangile parmi les hommes de leur temps.


Nous pourrions évoquer quelques moments, quelques périodes de l’histoire de l’Eglise, avec leurs ombres et leurs lumières, ce qui serait peut-être un vrai stimulant pour être à notre tour ce qu’ont été nos aînés dans la foi. Nous connaissons la vie de nombreux saints, et nous portons leurs noms ; mais aujourd’hui nous fêtons aussi tous les anonymes, les sans-grade, les saints de la porte d’à côté, qui sont parvenus jusque dans la maison du Père. Et pour y arriver, ils disposaient eux aussi de la Loi et des prophètes, de la Parole de Dieu et des sacrements. C’est ainsi qu’ils ont travers la grande épreuve.


Si nous pouvons les admirer et les fêter aujourd’hui, c’est aussi pour nous dire qu’à notre tour, à notre place, dans notre temps, nous sommes le peuple de Dieu en
marche. Afin que la longue chaîne de témoins de la tendresse de Dieu puisse toujours éclairer la vie des hommes, recevons la Parole de Dieu qui est notre force
dans l’épreuve que nous traversons. C’est aujourd’hui déjà que nous vivons la sainteté, puisque nous avons été baptisés.


L’apôtre Jean nous parle de deux dimensions de notre vie : ce que nous sommes et ce que nous serons. Peut-être éprouvons-nous quelque difficulté à comprendre, à
réaliser que maintenant déjà nous sommes enfants de Dieu. Qu’est-ce que cela veut dire : être enfant de Dieu ? Sûrement que dans notre tête nous savons dire Notre Père lorsque nous prions ensemble, mais lorsque nous sommes confrontés aux difficultés de la vie, avons-nous un comportement d’enfants de Dieu ?


Mais nous, qui sommes croyants, nous découvrons que Dieu nous aime vraiment, puisque non seulement il nous donne son Fils bien-aimé, mais en plus il fait de nous
ses enfants. La seule question à laquelle nous apportons une réponse durant toute notre vie, c’est comment nous nous comportons en enfants de Dieu. En effet, il ne s’agit pas de dire, mais de faire, de vivre ; et les actes ne trompent pas. Et vivre en enfants de Dieu, ça pourrait se résumer : en suivant l’exemple du Christ.


Comme lui, nous témoignons que nous aimons Dieu en vivant en fidélité à sa Parole, et nous éprouvons chaque jour que cet amour-là ne va pas dans le sens de tout ce
que nous constatons autour de nous. Le monde ne peut pas nous connaître puisqu’il n’a pas découvert Dieu. Mais, nous qui découvrons Dieu, nous savons que tout est
possible, surtout si nous n’avons pas peur de témoigner de la tendresse de Dieu au milieu d’un monde qui l’ignore de plus en plus. Et là encore, le Christ nous donne
l’exemple : il est allé jusqu’au bout de l’amour. De sa mort et de sa résurrection jailli pour tout homme la lumière de la vie de Dieu. Cette vie, nous l’avons reçue au baptême. Oui, nous sommes enfants de Dieu.


L’apôtre Jean nous parle aussi de ce que nous serons ! Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il
est. Tous les saints que nous fêtons aujourd’hui lui sont semblables, puisqu’ils le voient tel qu’il est. Donc, nous aussi un jour nous serons vraiment saints. Mais nous
le sommes déjà, puisque Dieu fait de nous ses enfants. Il nous envoie dans le monde pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour apprendre aux hommes qu’ils sont aimés de
Dieu.


Entre ce que nous sommes et ce que nous serons, il y a toute notre vie que Jean résume ainsi : Tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur
comme lui-même est pur. Cette espérance est le dynamisme de notre vie, c’est une joie qui nous stimule pour une plus grande fidélité, qui nous permet de faire de
nouveaux progrès afin de ressembler de plus en plus à Dieu. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ou se rendre pur comme lui-même est pur.


Oui, fêter tous les saints, les admirer, c’est aussi recevoir l’invitation à vivre généreusement notre condition d’enfants de Dieu, nous préparant à la rencontre
définitive avec le Dieu d’amour. C’est bien cela le vrai but de la vie, ce qui nous permet de nous épanouir, d’être heureux. Alors, pourquoi craindre la mort ? Elle
nous permet de voir enfin Dieu tel qu’il est. Et avec tous ceux qui nous ont précédés, nous serons tous dans la gloire des saints, dans la gloire de Dieu. Amen !